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Mes arpentages de rue se déroulent en général le week-end, jour de repos où je peux m’adonner à ma passion, la photographie de rue. Je pars le matin, souvent déjà tard par rapport à la qualité de
la lumière, mon but n’étant pas de réaliser des photographies de paysage urbain, mais bien celui de capter les gens dans leur activité quotidienne. De fait, Paris se réveille plus tard le
week-end, et une certaine nonchalance gagne alors le promeneur parisien. Je pars ainsi pour obtenir un reflet de la vie parisienne quotidienne et montrer cette réalité que nous fréquentons chaque
jour bien souvent sans même plus y prêter attention.
Equipé ainsi d’une tenue régulièrement sombre mettant moins en évidence l’appareil photo, un Canon 40D grippé monté avec un objectif EF 17-40mm f4 L, un sac à dos où je range un sac en plastique
au cas ou j’aurais à photographier par temps pluvieux, et un guide historique de Paris me permettant de connaitre l’histoire du quartier où je fais cette promenade dans les moments où je décide
de m’assoir pour regarder les parisiens évoluer dans leur vie.
Je commence régulièrement
cette balade parisienne par le Rue de Bièvre, ruelle déjà existante au moyen âge, et qui d’emblée me permet de me mettre en concentration par le calme qui y règne et que je n’ose pas souvent
perturber. Cela me permet également débutant ainsi mon trajet, de constater ce qui a pu changer d’une fois sur l’autre et d’aiguiser mon regard tout en goûtant à cet instant merveilleux. Pendant
le trajet, je règle mon boitier en priorité à l’ouverture, focale 4 ou 5.6, en 24 ou 28mm en général, et une distance de mise au point de environ deux mètres, comptant ainsi sur la profondeur de
champ pour que mon sujet soit net lors de la prise de vue.
Au sortir de la rue de Bièvre, me voilà lâché dans le monde parisien, Notre Dame à gauche, les bouquinistes en face et le pont de l’Archevêché à droite, et toute la cohue de gens qui vont qui
viennent, qui s’émerveillent de Paris.
Commence alors ma traque de la situation inédite au geste amusant ou inhabituel d’un passant, d’un sujet plaisant et j’en oublie forcement. L’œil s’exerce, trouve le sujet,
je déclenche, je repars et je reviens. Il n’y a pas besoin de s’éloigner bien loin pour saisir ces petits bonheurs quotidiens.
Question technique, j’évite de centrer mon sujet sauf si je recherche une symétrie. La règle des tiers est souvent difficilement applicable et j’utilise plus souvent les diagonales car dans ce
milieu urbain elles sont souvent bien présentes et aident à la composition. Parfois, tout en marchant, un sujet éphémère se présente, et je déclenche l’appareil en bandoulière sur la poitrine
ayant pris l’habitude de cadrer sans viser car habitué à mon objectif. Je saisis ainsi des moments inédits de vie parisienne qui autrement, ne m’auraient pas permis d’être photographiés car le
temps de viser et souvent l’instant décisif est déjà passé. Tout l’art consiste à les prévoir et là, seule la pratique de l’arpentage régulier permet d’acquérir cet art qu’acquièrent les plus
grands maitres de la photographie de rue.
Souvent, je prends les gens
de dos ou de trois quarts, ce qui présente à mon avis deux avantages. Le premier est celui de contourner le problème du droit à l’image car les personnes ne sont pas reconnaissables. Le deuxième
est celui d’accompagner le regard des sujets photographiés vers ce qu’ils font ou ce qu’ils regardent eux-mêmes, donnant ainsi un certain dynamisme à la composition.
Je continue alors arpentant ce Paris que je fais mien, entre les Iles Saint-Louis et de la Cité, jusqu’à en connaitre tous les recoins, tous les pavés, en y cherchant une situation inédite ou la
personne hors du commun.
Je
tourne ainsi bien souvent pendant six ou sept heures, repassant régulièrement aux mêmes endroits pour constater une seule chose, que la vie est changeante, merveilleuse, et que les humains sont
vraiment une aventure.
De retour à la maison, il ne me reste plus qu’à vider mes cartes mémoire, faire le post-traitement, souvent du noir et blanc pour rester dans la lignée des grands maitres de la photo de rue
humaniste, et repérer les photos qui vont être mes préférées du moment et que je vais partager avec les membres de mon groupe. Alors, je range mon matériel et attends déjà avec empressement le
prochain week-end.
| Appareils | Canon 40D et 350D |
| Objectifs | EF 17-40mm f4 L |
| EF 50mm f1.8 II | |
| EF 70-200mm f4 L |
http://www.copyrightfrance.com
Si vous vous reconnaissez sur l'une de mes photos, merci de m'avertir dans le cas où vous souhaiteriez que je la retire. Dans le cas contraire, je me ferai un plaisir de vous en faire parvenir un
exemplaire.
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